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26

sept.

2016

La synthèse des ateliers

Université d'été pour le monde d’après…

L’édition 2016, les 29 et 30 août à Bordeaux a entamé une nouvelle séquence de démarche coopérative  sur deux 2 ans, sur la question « Lost in transition ? ». Cette séquence s’articulera autour des expériences, des initiatives qui se mettent en place dans le cadre des transitions énergétiques, écologiques, numériques… afin de définir repères et démarches d’accélération. 

Pendant les deux dernières années, les travaux de l’Université d’été d’ACIDD et de son Lab’ ont investigué la question « Comment se projeter dans le monde d’après ? ». Cette réflexion a abouti à la publication, aux éditions du Petit Matin, du livre collectif « Nouveaux mythes, nouveaux imaginaires pour un monde durable ». Cette nouvelle séquence de deux ans permettra d’entamer une réflexion sur la « transition », qu’elle soit culturelle, sociétale, écologique et bien sûr numérique. Dans cette transition – le philosophe Michel Serres, parle même de métamorphose - les experts, chercheurs, spécialistes divers nous présentent des scénarios très différents, souvent contradictoires. Ainsi, certains préconisent la décélération, les low-tech, pour une vraie résilience des villes et régions. D’autres considèrent que seule la technologie permettra l’entrée dans une société bas-carbone et solidaire, dont la smart city est l’expression affichée. Dans ce contexte d’incertitude, où beaucoup se sentent « perdus », l’édition 2016 de l’Université pour le monde d’après a posé les bases des réponses aux questions : comment agir, ou plutôt comment généraliser les actions utiles et efficaces, comment changer d’échelle ?

 

Cinq thématiques on été abordées aussi bien la 1ère journée en tables-rondes réunissant les meilleurs experts (Voir les vidéos), que dans des ateliers de coproduction la 2ème journée. Vous trouverez ci-dessous les compte-rendus de ces travaux collaboratifs. Ils représentent un point de départ de la réflexion d’ACIDD et de son réseau qui aboutira à la sortie d’un livre fin 2017.

1. « Quel territoire ? »

Le territoire est le nouvel espace où s’élaborent la plupart des initiatives que ce soit la mise en place des nouvelles économies (collaborative, circulaire, de fonctionnalité…), ou des nouveaux modèles de production et de consommation. On assiste à une dynamique de “reterritorialisation” des sociétés, entre nouveaux nomadismes et nouvelles sédentarisations. En effet, le renchérissement inéluctable du coût de l’énergie, le développement des usages numériques avec l’accès de grandes quantités de données et la téléprésence développent une forme de mondialisation “paradoxale”.

Comment les acteurs du territoire peuvent-ils coproduire une société résiliente (autonomie alimentaire, énergétique), durable, axée sur le bien-être individuel et collectif ? Comment inventer une nouvelle gouvernance des territoires ?

 

Pour qu’un territoire soit résilient, il est nécessaire de valoriser les acteurs économiques locaux, favoriser les plus faibles, afin de tendre vers la diversité économique. 

 

  • La première action serait de commencer par faire un état des lieux des ressources naturelles, humaines et économiques disponibles sur le territoire ainsi que des ressources manquantes : l’idée étant d’optimiser les ressources locales existantes, de se développer là où il y a des capacités, des expertises et d’aller chercher ailleurs ce qui manque au bon fonctionnement du territoire (concept de « glocalisation »). Il est également possible de favoriser le développement  d’une économie locale autour des thématiques de la transition énergétique comme, par exemple,  l’habitat écologique qui utilise des matériaux locaux, comme le chanvre, la cellulose, le bois, le lin …
  • Il est, par ailleurs nécessaire de limiter le plus possible les sorties d’argent du territoire, ce que l’on pourrait appeler  « les fuites économiques ». Pour limiter ces fuites, il faut favoriser la logique circulaire et développer des monnaies locales, véritables outils au service de la structuration et dynamisation des territoires
  • Enfin la résilience d’un territoire ne peut se faire que dans la co-construction avec les différents acteurs en capacité d’agir (CCI, département, filières dans les secteurs à créer…), en s’appuyant sur les collectifs citoyens, en rapprochant le monde administratif de celui de l’entreprise (en partageant par exemple, des enjeux communs, en travaillant sur des sujets mobilisateurs comme l’autonomie alimentaire), en accompagnant ou  en créant des associations d’aide aux entrepreneurs. Tout ce travail de co-construction devant s’appuyer également sur un effort d’éducation, de communication  sur l’importance du développement économique local pour éveiller les consciences.

 

2. « Une transition socialement juste ? »

Comment organiser la transition vers une économie pauvre en carbone qui soit juste socialement et porteuse d’un projet de société durable ?

La transition écologique et énergétique va en effet développer des emplois nouveaux qui devront être enrichissants sur tous les plans. Mais elle va aussi en détruire dans des secteurs qui vont disparaître ou être complètement révolutionnés, demandant un fort renforcement de capacité, et une formation initiale revue.

La transition numérique, les nouvelles technologies comme les nanotechnologies, l’intelligence artificielle, les imprimantes 3D, les biotechnologies ou encore le big data transforment emploi et employabilité, font disparaître emplois et fonctions sociales, interrogent sur la vie privée et la gouvernance politique… Quelle sera transformation du marché du travail, des emplois existants ? Comment organiser la formation aux nouveaux processus et aux nouvelles technologies, protéger ceux qui sont les plus vulnérables ?

Comment ne laisser personne au bord de la route de la transition ? Prendre en compte ceux qui sont déjà en très grande précarité, qu’elle soit économique, psychologique ou sanitaire ?

De l’emploi vers le travail

Pour aller progressivement vers un monde où le travail serait déconnecté du « droit de vivre » (accès au droit sociaux minimas sociaux, logement, santé etc.), où le travail ne serait plus qu’une forme d’activité rémunérée et de participation à la vie sociale et citoyenne, il faudrait :

  • permettre aux gens d'adhérer à diverses causes d’intérêt général correspondant à leurs valeurs, en constituant des structures ou des tiers-lieux d’échanges et de vie sociale puis en déléguant leur fonctionnement aux individus qui continueraient à les co-développer.
  • mettre en place le revenu universel, rémunéré par l’impôt, pour garantir le « droit de vivre ».

Ré-ancrer la richesse dans les territoires

Les géants du numérique contribuent à raréfier la richesse, là où elle se crée pour l’essentiel, dans les territoires : captation de la valeur ajoutée (travail gratuit et les données des internautes), baisse des prix sous l’effet de la concurrence livrée aux entreprises qui servent la demande locale, éclatement des chaines de valeur, avec pour résultat moins de recettes fiscales et sociales.

Pour ne plus laisser s’échapper la richesse :

  • sortir de « l’argent dette » en développant des monnaies locales complémentaires ;
  • lutter contre l’évasion fiscale (imposer les multinationales) ;
  • sensibiliser des jeunes à la prise de risque (formation à l’entrepreneuriat) pour miser sur l'innovation sociale, l'ESS, favoriser de nouveaux collectifs de travail.
  • Pour mieux partager la richesse créée :
  • rémunérer les services rendus au collectif : par exemple les territoires zéro chômage (faire travailler des chômeurs de longue durée en adéquation avec les besoins privés et/ou publics d'un territoire) ; mieux rémunérer le travail associatif ;
  • Droit à l'expérimentation / faire travailler ensemble entreprises et collectivités.

 

Rendre le CDI plus attractif

Le contrat de travail est le socle du droit du travail. Il faut le préserver certes, mais il faut aussi l’actualiser pour en faire un outil d’équité sociale.

Pour y arriver, plusieurs aménagements et actions peuvent s’opérer :

  • permettre plus de souplesse pour conjuguer vie professionnelle, vie privée et engagement sociétal
  • Inclure davantage les collaborateurs dans le projet et la gouvernance des entreprises afin qu’ils ne se sentent être instrumentalisés.
  • Permettre aux collaborateurs de consacrer une partie de leur temps à la création d'entreprise
  • Garantir la sécurité sociale professionnelle : c’est à dire la sécurité des individus à bénéficier de prestations sociales (droits à la formation, retraite) tout au long de leur parcours professionnel quelque soit leur situation (en activité ou au chômage) : une sécurité sociale professionnelle attachée à l'individu, indépendamment de l'entreprise.
  • Faire bénéficier les auto-entrepreneurs des aides publiques.
  • Valoriser davantage les entreprises qui ont un impact social positif (ex : clauses sociales dans les marchés publics ; mécénat de compétences etc.)
  • Inclure l'atteinte d'objectifs extra-financiers dans la rémunération. Priorité à l'utilité. A concilier avec les objectifs de rentabilité de court terme.
  • Valoriser davantage ceux qui font, par exemple les entreprises ancrées dans leurs territoires. Faire travailler ensemble, entreprises et pouvoirs publics.

 

3. Santé, bien être et alimentation : nouveau moteur de mobilisation ?

Les études sur la consommation responsable, comme celle réalisée chaque année par Ethicity démontrent clairement que le bien-être de ses proches reste la première préoccupation des français et que la santé poursuit sa montée, largement devant le coût de la vie et le chômage/précarité ! Dans ce cadre, l’alimentation est une préoccupation essentielle : 89 % des français choisissent leurs aliments pour rester en bonne santé… confirmant ainsi ce qu’Hippocrate avait déjà dit au 5ème siècle avant J-C : « que ton alimentation soit ta première médecine ». Le 1er critère pour acheter des produits plus respectueux de l’environnement serait aujourd’hui qu’ils soient meilleurs pour la santé. Il semble donc que le couple santé/alimentation soit un formidable levier pour commencer à faire changer les comportements. Mais comment développer une offre correspondante, meilleure pour la santé et la planète, économiquement accessible ? Comment réformer le système agricole pour le rendre plus durable ? Quelles révolutions pour les industriels de l’agro-alimentaire ? Que mangerons-nous demain ? Des grillons au lieu de la viande? Et comment l’imaginaire si fort, lié à notre alimentation, souvent construit dans notre enfance et nos habitudes familiales, peut-il évoluer ?

Sensibiliser le consommateur à mieux consommer

Le consommateur a beaucoup évolué depuis quelques années, se préoccupant aujourd’hui beaucoup des produits et de leur mode de production. Cependant, ce comportement n’a pas modifié ses habitudes d’achat : il désire acheter toujours moins cher. Comment peut-on dès lors le sensibiliser afin de lui apprendre à consommer mieux, tout en étant réaliste sur le coût de ce changement dans ses habitudes alimentaires ?

 

La première chose à faire est de revoir l’éducation alimentaire du consommateur, de son enfance à l’âge adulte. Si aujourd’hui les programmes scolaires développent énormément le thème de la nutrition, on constate que des actions supplémentaires permettraient de pérenniser cette éducation : sorties scolaires dans des fermes, ateliers de cuisine et  constitution de potagers dans les écoles, diffuser des films éducatifs, développer  des modules de formation en ligne (type serious games)…

Il serait également utile de développer une plateforme internet nationale avec des modules de formation et des conférences en ligne sur la nutrition (développer le PNNS)

Revenir au  territoire

L’exploitation des territoires permettrait aussi de ramener le consommateur à la source de son alimentation, en se rapprochant de son patrimoine culinaire local. Cette solution permettrait non seulement de sensibiliser les adultes au « manger mieux », mais aussi de permettre aux populations vulnérables d’avoir accès à une nourriture plus saine à travers le développement d’épiceries solidaires par exemple, ou bien des ateliers culinaires solidaires avec des spécialistes chargés de transmettre les bonnes habitudes.

Les initiatives existent dans les territoires… Pour les généraliser, on peut aller vers une labellisation des associations, écoles et commerçants qui s’engagent dans le « manger mieux » et créer un réseau des différentes initiatives locales.

L’implication des industriels

Elle est toute aussi importante, notamment sur le thème de la transparence dans les pratiques et les produits utilisés. La priorité du consommateur étant sa santé, pourquoi ne pas développer une application qui permettrait de connaître l’apport nutritionnel d’un produit rien qu’en le scannant ? Ou développer un nouveau label pour les restaurateurs « Bon pour le climat » ?

Le dialogue entre les différents acteurs est essentiel aujourd’hui pour comprendre les attentes des consommateurs qui seront à l’origine des changements dans les habitudes de consommation, et les moyens de mis en œuvre des différents producteurs, petits et grands.

4. « Co-responsabilité et partage de valeurs ? »

Une des sources de la complexité de notre monde vient de la diversité des systèmes de valeurs. Nos systèmes de représentation sont tellement divergents que nous avons du mal à “faire société” sur les questions sociales et environnementales. Si le constat global est partagé, les modes d’action envisagés sont très différents. Et cela correspond aussi à un renforcement de l’individuation et d’affirmation de ces différences. Ainsi le développement durable est vécu par certains comme un système de contraintes, une volonté de faire de la protection une morale portée par des prosélytes intolérants… Alors que d’autres le vivent comme la nouvelle bonne conscience de l’humanité et dénoncent le greenwashing des entreprises ou des politiques.

L’enjeu est de retrouver du sens profond, de l’affect, de l’envie de durabilité et de socialité, avec de l’écoute et a minima une curiosité de l’autre, de la tolérance.

Dans le “monde d’après” est-ce qu’une spirale de coresponsabilité, permettra  à chacun de trouver sa place, de penser et d’agir en situant sa contribution dans une chaîne bienveillante de responsabilités à la fois individuelles et collectives, locales et globales, pour le bien-être de tous, aujourd’hui et demain ?

Quelle place pour l’imaginaire ? Peut-on encore parler d’une approche humaniste ?

Pour une définition du terme « valeur »

La valeur peut être marchande, économique, spirituelle. Elle est de l’ordre de l’abstraction, de l’intellect. C’est un idéal auquel on peut ou non adhérer. Elle peut être de l’ordre du sentiment, de l’émotion ou de l’ordre de la décision, de l’adhésion volontaire. Il existe ainsi différentes écoles de pensées. Pour certains, la valeur est une utopie ; pour d’autres, c’est une affaire de morale. La valeur, c’est aussi une énergie qui nous pousse à agir, que l’on aspire à la liberté, au respect de l’autre, à la liberté ou à la durabilité. C’est aussi le socle, le fondement à partir duquel on construit, on assoit son action

Comment construire une spirale vertueuse de la co-responsabilité ?

La co-responsabilité est une valeur extrêmement sophistiquée. Pour être co-responsable il faut déjà être responsable, être conscient que l’on a une valeur, donc ne pas être dans la précarité, l’exclusion. Et puis il faut être dans l’interdépendance, le partage avec l’autre. Des pré-requis sont nécessaires : avoir un minimum vital pour se nourrir, se loger ; développer un sentiment d’appartenance à un groupe, une famille, une institution ; avoir conscience de sa singularité, être dans le développement de soi. Trois étapes pour arriver au « nous » de la co-responsabilité.

 

Puisque nous sommes tous interdépendants, l’un des moteurs de l’action pourrait être simplement la conscience de cette interdépendance. Elle suffit à générer une forme de responsabilité, de solidarité, de respect de l’autre et de ses valeurs.  Elle favorise l’alliance des différentes valeurs des uns et des autres

Développer la conscience et construire la confiance

En remettant de la conscience, du sens, dans ses actions quotidiennes, par exemple dans ce que l’on mange, on pourrait prendre conscience de notre interconnexion et devenir acteur du changement. Notre consommation a des répercutions sur ce qu’il se passe à des milliers de kilomètres de nous. En ouvrant cette conscience les comportements évolueront de manière plus respectueuse et responsable…

Mais, si avoir une utopie, un projet ambitieux est souhaitable, il est recommandé, pour ne pas effrayer et donner envie, de travailler sur le chemin et les premières étapes. Il est aussi possible de faire du « back casting » : partir de l’objectif futur et revenir en arrière permet d’éviter de bloquer au premier obstacle. Sur un bateau on dirait « regardez l’horizon plutôt que la vague ».

La conscience de soi et des phénomènes qui nous entourent ne va pas de soi, cela se travaille : faire appel au volontariat, proposer des projets ambitieux, considérer les autres comme capables d’y arriver… c’est ce qui  permet d’entraîner l’autre dans une action positive. La co-construction suppose aussi de connaître les règles de fonctionnement d’un groupe, d’adapter des méthodes de travail spécifiques qui aident à la résolution des problèmes.

 

Dans ce contexte, la confiance apparaît essentielle. Impossible d’avancer ensemble ou de coopérer si elle fait défaut. Aux Nations-Unies, par exemple, tous les acteurs participant à une œuvre collective s’engagent sur des mécanismes de mesure, de vérification et de reporting.

Comment aller plus loin, retrouver du sens, donner envie ?

Cela peut passer par le partage d’un imaginaire commun, l’expression de la joie à agir et vivre ensemble, voire le matraquage de beaux mots qui réenchantent via un « champ lexicograpique » propagé au maximum. Raconter des histoires qui montrent que ça marche ; mettre en avant le rêve collectif, le festif ; associer les générations et les expertises chacun ayant son rôle et sa place quand il s’agit d’innover ; faire attention à ne laisser personne derrière, sur le chemin.

Cela peut également passer par des méthodes de concertation, comme « la méthode de la spirale », appliquée au niveau international, visant à favoriser des programmes d’action en coresponsabilité. Elle consiste à mettre en place une plateforme d’acteurs hétérogènes à qui l’on pose trois questions : qu’est ce qui fait mon bien-être aujourd’hui ? Qu’est-ce qui fait mon mal-être ? Et  qu’est ce que je suis déjà en capacité de faire dès demain pour atténuer le mal être et préserver accroitre mon bien être et celui des autres ?

5. « Société numérique ? »

La transition numérique bouleverse les modèles économiques, les modes de vie, de penser, de gouvernance, d’accès au savoir... Le tout à une vitesse telle qu’organisations ou individus ont bien du mal à s’adapter ou à anticiper : big data, objets connectés, modèles économiques collaboratifs… des mots et des réalités qui ont déjà fait irruption dans nos vies.

Mais quelles voies se dessinent  dans cette société numérique? La transition numérique est-elle un atout au service de la transition énergétique et écologique ? Nous entraîne-t-elle vers une société bas-carbone, avec des systèmes de production et de consommation locaux, des réseaux énergétiques intelligents (smart grids)…

 

Alors que le numérique est un formidable accélérateur de transformation sociétale, comment en faire une démarche juste, partagée, respectueuse, écologique ? Et surtout quelles seront les prochaines disruptions ?

Une société numérique éthique

Malgré l’expression des craintes et questionnements sur la digitalisation de notre société, le numérique ne fait que décupler les possibilités qui s’offrent à chaque utilisateur : le besoin de bonne gouvernance et d’éthique reste un enjeu sociétal auquel le numérique est soumis. Le numérique démocratise les accès aux services et donne un pouvoir plus grand tant pour l’individu (empowerment-désintermédiation) que pour le groupe : régulation (démocratie ?) participative. Ainsi, tous les éléments sont réunis pour que l’humain reste au cœur de la transition numérique et garde la main sur le système afin que le numérique soit à son service.

La régulation participative.

La transition numérique remet en question la gouvernance de notre société. Comment peut-elle être plus juste ? Quelques modèles existants ou en devenir, favorisés par le numérique, peuvent déjà être identifiés :

  • Whylook, plateforme qui permet à qui le souhaite d’interroger les grands décideurs : questions, réponses, évaluation et gestion de la réputation.
  • Des plateformes de financement de la défense juridique d’actions de désobéissance Le monitoring partagé et la médiation institutionnelle favorisés par le numérique
  • La création de mouvements pour défendre le droit du consommateur face aux conditions d’utilisation de services numériques (les droits liés aux services ne sont pas aussi régulés que pour les produits), et influencer le développement des Chartes éthiques mais également des garde-fous réglementaires  de l’utilisation des bases de données. Exemples : une plus grande transparence sur les conditions d’utilisation et la désinscription, imposer la signature électronique (au lieu de cocher une case ‘j’accepte’), co-construction des conditions d’utilisations des services.

 

Le numérique collaboratif

Les échanges, services, flux financiers semblent libérer les marchés de leurs intermédiaires. Le numérique collaboratif, outil de gouvernance horizontale, est une désintermédiation des échanges et peut ainsi amener une répartition de la valeur plus équitable. C’est la clé d’entrée de l’économie d’usage, ce partage favorisé qui permet de sortir de la surconsommation/sur-possession.