mer.

01

janv.

2014

L'ACIDD Lab' : nouveauté 2014

Un groupe d'une quinzaine d'experts, d'intellectuels, d'universitaires, de scientifiques planchera pendant les 2 jours sur le thème de l'imaginaire des changements de comportement. En interaction avec les participants, elles et ils définiront une vision qu'ils mettront en débat à la clôture de l'Université. Leurs travaux donneront lieu à la publication d'un livre blanc...

Vous pouvez participer à cette réflexion en nous adressant vos idées, réflexions, propositions, expériences liées à cette thématique : elles alimenteront le travail des 15 experts et seront synthétisées dans le cadre du livre blanc. Vous pouvez les poster sur notre page Facebook UECDD, sur notre fil tweeter (#uecdd) ou nous les envoyer par email.


Vous trouverez ci-dessous une 1ère note de réflexion sur la thématique...

Quel imaginaire pour le développement durable et les métamorphoses sociétales ?

En 2009, dans son intervention remarquée à l’Université d’été de la communication pour le développement durable, Bettina Laville avait développé la thématique de « Prospérer sans croître ». La même année,  paraissait le livre de Tim Jackson, « Prospérité sans croissance ». Ces deux réflexions - l’une française, l’autre anglaise - se rejoignaient dans le constat que le découplage entre la croissance économique et les impacts environnementaux de cette croissance était un leurre ou, en tout cas, qu’il ne pouvait pas être suffisant pour répondre aux défis du réchauffement climatique, de la perte de biodiversité ou de l’épuisement des ressources. Et qu’il fallait donc inventer une nouvelle prospérité (du latin prosperare qui signifie « rendre heureux, faire réussir, obtenir le succès ») qui ne repose pas sur une croissance économique sans fin, mais bien sur une vision différente de l’humanité, un humanisme. De nombreux écrits sont venus compléter ces réflexions, comme « La crise sans fin » de Myriam Revault-d’Allones, les propositions sur la prospérité en Europe de Raymond van Ermen et Virgilio d’Astolli…


Si la transition pour évoluer vers cette nouvelle prospérité, fondée sur un modèle de société décarbonée, économe en ressources, capable de réussir ce que l’ONU appelle les « 8 objectifs du Millénaire » pour le développement, est engagée, il reste à trouver comment accélérer cette métamorphose sociétale dont le développement durable est la boussole, dans un contexte de civilisations de la communication numérique. Pour cela les freins et les leviers doivent être identifiés. Ces mutations ont besoin de temps, plus que ne laissent pas les évolutions climatiques, l’épuisement des ressources, les destructions de l’écosystème, la démographie galopante, l’augmentation des disparités économiques, l’insuffisance éducative et démocratique…


En effet, de nombreuses initiatives vont dans le bon sens, issues de la société civile  (associations, villes et régions, entreprises, chercheurs et surtout communautés citoyennes…). Mais, ces initiatives ne sont pas encore à une échelle suffisante. On peut les considérer comme des « signaux faibles », liés aux nouvelles formes alternatives facilitées par internet et les réseaux sociaux. L’économie et l’urbain y tiennent une place centrale : économie circulaire, monnaies complémentaires, villes en transition, slow citae… Ces initiatives dispersées, souvent localisées, sur une petite échelle et avec une faible visibilité peuvent-elles construire de nouveaux systèmes ? Un véritable « scaling-up » est-il envisageable pour passer d’initiatives isolées, à une « massification » ?

 

Cette généralisation ne pourra advenir sans une transformation des modes de vie, de l’économie et des modes de gouvernance des territoires. En effet, l’adhésion des citoyens à des changements de comportement plus « développement durable » ne se traduit pas encore réellement en action.

 

La question que l’on peut se poser est donc : quels place, rôle et responsabilité pour la communication, le marketing, l’information, la concertation, l’éducation, les médias, les directions du développement durable, les politiques dans cette transition ?

 

Dans cette optique d’un changement radical, la métamorphose n’est plus seulement une question économique, politique, éducative… c’est d’abord une priorité culturelle. Seul le développement d’un nouvel imaginaire de nos sociétés post-modernes, post-énergies fossiles et post-croissance, permettra de faire face aux défis du XXIe siècle. Car nous vivons encore dans des imaginaires du XXe siècle : la société de la consommation, les État nations, les religions, les pionniers/découvreurs, la science, le cosmopolitisme…  Celui de la consommation compulsive s’est construit après la guerre avec la création de nouvelles mythologies, souvent liées à l’American way of life : du cow-boy Marlboro, en passant par le fast-food et jusqu’à la « voiture » (cf. Roland Barthes et la DS dans « Mythologies »). Les industries naissantes du marketing et de la publicité (cf. la série TV « Mad Men), de l’entertainment (Hollywood) et des médias de masse ont façonné ce nouvel imaginaire promettant le bien-être et un progrès sans fin et sans limites.

 

Nous nous réveillons aujourd’hui – ou essayons de nous réveiller -  de certaines illusions. Pour sortir de « la cage de fer du consumérisme », comme nous y exhorte Tim Jackson, mais aussi pour réinventer la démocratie et la participation, et mettre chacun en situation d’autonomie et au delà d’individuation, nous devons collectivement inventer un nouvel imaginaire inspirant le plus grand nombre, que le développement durable devra guider.

 

Ce travail ne pourra se faire sans la création de nouveaux mythes : c’est donc à une nouvelle narration du monde que nous sommes convoqués.

 

Comment la communication peut-elle aider à la création de ce nouvel imaginaire ? C’est à cela qu’engage ACIDD en 2014.

Membres de l'Acidd'lab 2014

  • Mathieu Baudin (directeur de l’Institut des Futurs souhaitables),
  • Gildas Bonnel, (Président de l’agence Sidièse et de la commission développement durable de l’AACC)
  • Julie Chabaud (directrice de l’Agenda 21 et de l’aménagement numérique de la Gironde),
  • Antoine Charlot (directeur général adjoint du Comité 21 et délégué régional en Pays de la Loire),
  • Jean-Pierre Goux (directeur de la stratégie de Powernext, auteur de romans de science fiction),
  • Francis Jutand (directeur scientifique de l’Institut Mines Télécom),
  • Bettina Laville (conseillère d’État),
  • Valérie Martin (Chef du département communication et information de l’Ademe),
  • Gilles Pennequin, (Conseiller senior développement soutenable, compétitivité et territoires, Délégation interministérielle à l'intelligence économique)
  • Ludovic Piron, (Conseiller de la maire de Paris)
  • Pierre Siquier (consultant en communication, associé fondateur de Babel)
  • Raymond Van Ermen (directeur de European Partners for the environment)
  • Georges Ribière, Comité de prospective du Comité 21
  • Valérie Zoydo, journaliste spécialisée sur les changements de société

 

Animatrices

  • Carine Dartiguepeyrou (prospectiviste, conseil en stratégie et management),
  • Caroline Gervais (experte en développement durable stratégique, entrepreneur-e au sein de la Coopérative Oxalis)

 

Rapporteur

  • Vincent David, Agence RUP